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Mars 2026

Jacinthe Gagnon, la persévérance au bout des mots

Ce mois-ci, notre chronique met en lumière une résidente de Saint-Élie-d’Orford qui a fait le pari de croire en sa passion jusqu’au bout : Jacinthe Gagnon, auteure.

Le 26 novembre dernier, elle a publié son tout premier roman, Sous-jacent : La menace silencieuse, un thriller psychologique qui marque le début de la série Charles Abbott. Un rêve devenu réalité… mais pas sans détours.

De son propre aveu, Jacinthe a toujours écrit. Adolescente, elle couchait sur papier ses émotions en poèmes. Parallèlement, elle a tenu un journal intime. Les histoires ont toujours trouvé refuge dans son imaginaire, patientes, insistantes. En 2014, elle rédige une première version de son roman. Puis la vie suit son cours. Le manuscrit est rangé sur une tablette, en attente de jours plus propices.

Ces jours arrivent en 2024. La passion de l’écriture la rattrape. Elle reprend son texte, le retravaille et l’envoie à une bêta lectrice. La critique est sévère, très sévère. Le choc est dur. Elle songe à tout abandonner, à reléguer son rêve aux oubliettes. Heureusement, l’histoire ne s’arrête pas là. Encouragée par ses proches, elle décide de persévérer.

Elle se lance alors dans une deuxième version, qu’elle complète en 51 jours d’écriture soutenue, tout en travaillant à temps plein. Elle sollicite à nouveau des bêta lecteurs. Cette fois, les commentaires sont constructifs, encourageants. Elle ajuste, corrige, affine. Soucieuse de livrer un travail de qualité, elle cogne à la porte de l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie pour trouver un correcteur professionnel et est immédiatement mise en contact avec Sarah Baril-Bergeron, qui propose ce genre de service. Jacinthe lui envoie le premier chapitre et reçoit des commentaires positifs et constructifs qui confirment qu’elle est sur la bonne voie et qu’elle peut continuer de s’investir dans sa passion.

Jacinthe tente ensuite sa chance auprès de maisons d’édition québécoises. Les réponses sont polies, mais son roman ne cadre pas tout à fait avec leurs créneaux : trop style américain, ne dépeint pas une région du Québec... Qu’à cela ne tienne : elle choisit l’autoédition. Elle se tourne vers Amazon KDP (kindle direct publishing), qui détaille avec précision toutes les étapes nécessaires pour publier un livre. Avec rigueur et détermination, elle mène son projet à terme.

Sous-jacent : La menace silencieuse explore cette idée troublante : certains secrets, une fois déterrés, peuvent s’avérer dangereux. Suspense, tension psychologique et zones d’ombre s’y entremêlent. Le roman est disponible en version papier et numérique sur Amazon, et Jacinthe est actuellement en démarche afin qu’il puisse aussi trouver sa place dans nos librairies québécoises.

Mais qui est Jacinthe Gagnon, au-delà de l’auteure? Arrivée à Saint-Élie en 2013, elle y a trouvé ce qu’elle cherchait : la communauté, la nature, les oiseaux, la forêt. « C’est chez moi », dit-elle simplement. Elle apprécie ce fragile équilibre entre la proximité de la ville et le calme d’un coin tranquille. Mère de deux adolescents, elle partage sa vie avec son conjoint tout en travaillant comme chargée de projet en informatique chez Micrologic.

Son processus d’écriture? La page blanche peut parfois intimider, on part alors une brassée de lavage, on navigue sur les réseaux sociaux et voilà qu’une idée pointe son nez et c’est parti. Une fois le premier paragraphe lancé, elle se laisse happer par son univers. Elle aime faire vivre ses personnages, les suivre dans leurs intrigues, découvrir avec eux ce qui se cache sous la surface. Elle est d’ailleurs membre de l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie, qui propose une panoplie de services aux auteurs établis ainsi qu’à ceux en devenir.

Et l’aventure continue : le deuxième tome de la série est actuellement en bêta lecture, et le plan du troisième est déjà ficelé — il ne reste plus qu’à l’écrire.

À travers son parcours, Jacinthe nous rappelle qu’un rêve peut dormir longtemps… mais qu’il suffit parfois d’un peu d’audace et de beaucoup de persévérance pour lui redonner vie.

Alors, la prochaine fois que vous chercherez une lecture captivante, pourquoi ne pas encourager une auteure de chez nous ?

Guylaine Lachapelle