Février 2026
À St-Élie, certaines personnes traversent le temps avec une discrétion et une résilience qui forcent l’admiration. Elles ne cherchent pas la lumière, mais leur présence éclaire pourtant la communauté depuis des décennies. C’est le cas d’Émilia Anctil, 92 ans, et d’André Roy, 90 ans, mariés depuis 68 ans, unis par amour solide, une vie simple et un profond attachement à leur milieu.
Émilia est née à St-Denis-de-Brompton, dans une famille de 12 enfants. Elle n’avait que deux ans lorsque Joseph et Zoé Anctil ont ouvert le magasin général Anctil, aujourd’hui connu sous le nom de BMR Anctil – Centre de rénovation. Très tôt, elle grandit dans un environnement où le travail, la famille et l’entraide font partie du quotidien.
Après avoir complété deux années à l’école normale afin de devenir enseignante, elle travaille comme préposée de nuit dans un centre de ressourcement tenu par des religieuses. Émilia consacre une grande partie de sa vie à élever ses quatre enfants et à prendre soin de la maison, qu’elle garde impeccable avec un soin attentif. Vers l’an 2000, elle choisit de donner de son temps à la Maison Aube-Lumière, où elle agit, depuis 26 années, comme cuisinière et préposée à la buanderie. Une fois par semaine, elle prend l’autobus pour un trajet de près de 50 minutes. Pour elle, cette journée est bien plus qu’un engagement bénévole : c’est un moment de calme, de ressourcement et de paix intérieure, dans un milieu qu’elle décrit comme profondément humain, habité par des gens de cœur.
André, lui, est né à St-Élie-d’Orford dans une famille de sept enfants. Son grand-père est arrivé dans le secteur en 1885 et possédait une ferme située juste en face de la maison où André habite toujours aujourd’hui. Plâtrier et tireur de joins de métier, il a travaillé pendant de nombreuses années pour diverses entreprises, dont sept années à son compte, avant de prendre sa retraite en 2000.
Parallèlement à son travail, André s’est beaucoup impliqué dans la communauté : conseiller municipal dans les années 1970, commissaire scolaire dans les années 1960, marguillier de la paroisse pendant une douzaine d’années, sans oublier son implication pour les paniers de Noël et de dépannage de St-Élie.
Son engagement s’est toujours fait avec discrétion, dans un esprit de service.
Depuis plus de 20 ans, André prend soin de son grand jardin, de sa terre et de sa plantation de sapins de Noël qu’il exploite depuis 1980. Peut-être avez-vous, vous aussi, décoré votre salon avec l’un de ses sapins cette année. Avec ses fils, il coupe encore son bois de chauffage. Chasseur de longue date, il a transmis son camp du Témiscamingue à son fils Sylvain et chasse maintenant sur sa propre terre.
Émilia et André se rencontrent en 1956 – la sœur d’Émilia fréquentant le frère d’André – et se marient l’année suivante. Après avoir habité six ans à côté de leur demeure actuelle, dans la maison du frère d’André qu’il a hérité de son frère décédé à l’âge de vingt-et-un ans, à la suite d’un accident de voiture, ils construisent la maison où ils vivent toujours depuis près de 60 ans. Ils y ont élevé leurs quatre enfants : Sylvain, Ghislain, Sylvie et Pierrette, cette dernière étant malheureusement décédée il y a huit ans des suites d’un cancer.
Aujourd’hui encore, Émilia marche plus de cinq kilomètres par jour. C’est elle que vous croisez sur le Chemin Laliberté, en direction de la Butte aux Bouleaux. André, quant à lui, après avoir joué pendant douze ans au badminton, a troqué sa raquette de badminton pour une raquette de pickleball, sport qu’il pratique une fois par semaine au centre communautaire Richard Gingras avec son équipe dont le plus jeune joueur a soixante-quinze ans !
Chaque Noël et chaque jour de l’An, leur maison se remplit de rires et de souvenirs, réunissant quatre enfants, cinq petits-enfants et un arrière-petit-enfant. Sans jamais faire de bruit, Émilia et André continent d’inspirer par leur simplicité, leur résilience et leur amour fidèle – une présence rassurante, profondément enracinée dans l’histoire de St-Élie.